Lannilis est une grande commune du Nord-Finistère, dans le Léon. Elle est situé au nord de Brest, dans le pays des Abers.

Lannilis est enserré entre les deux longs estuaires des abers Benoît et Wrac’h. Le mot aber est un mot typiquement celtique, qui désigne la partie d’un fleuve qui, à la suite d’un affaissement ou d’un relèvement du niveau de la mer, est soumis au régime des marées. On peut l’assimiler à une ria, un aven ou même à un fjord norvégien.

La région des Abers est formée en grande partie de roches cristallines (granit, granulite) ou feuilletées comme le schiste (dont l’ardoise est une variété), pour la plupart résistantes. Il faut aussi noter la présence très importante pour l’agriculture de dépôts de lœss (terre légère et très fertile), mais aussi d’argile kaolinique. Lorsqu’on regarde une carte, on est frappé par la direction SO-NE parallèle des deux abers, direction répétée par l’estuaire du Quillimadec (près de Guisssény): c’est une direction typiquement hercynienne que les failles ont ressuscitée à l’ère tertiaire. Il est donc certain que les vallées principales du pays des Abers ont été guidées par les fractures profondes qui ont ressuscité en quelque sorte la direction des plissements hercyniens.

Les abers offrent des paysages divers et variés.

Lannilis fait partie de la Communauté de Communes du Pays des Abers (CCPA) qui comprend 13 communes, dont Plabennec.

La CCPA s’est regroupée avec la communauté de communes de Lesneven et de la Côte des Légendes pour former le « Pays des Abers – Côte des Légendes », et maintenant l’ensemble fait partie du « Grand Pays de Brest » qui regroupe : Brest et sa communauté urbaine, le pays d’Iroise (Saint-Renan, Ploudalmézeau), le pays de Landerneau–Daoulas, et la presqu’île de Crozon. Ce pays a été le premier en France reconnu par l’Etat. C’est une entité de plus de 300.000 âmes.

Lannilis compte à ce jour environ 5.450 habitants. Sa population a crû de près de 2000 habitants depuis les années 1930.

Nichée entre les abers Wrac’h et Benoît, LANNILIS ou LANNA ECCLESIAE (le Lann de l’église) a vu le jour vers les années 1300-1330 au démembrement de la grande paroisse de PLOUDINER qui regroupait alors les paroisses de Lannilis, Landéda et Brouennou.

Elle a traversé ces sept siècles d’histoire à l’ombre des grandes familles nobles : les de Kerouartz, les Bellingant de Kerbabu, les Audren de Kerdrel dont les châteaux témoignent encore de leur ancienne magnificence. Ces familles étaient les plus importantes parmi les 26 familles nobles recensées à Lannilis au XVIIème siècle.

Lannilis a été, au travers de ces siècles, une des principales paroisses du Léon. Elle a toujours eu une activité commerciale et artisanale assez forte. Au siècle dernier, le Bara Lanniliz (le pain de Lannilis), les tissages et surtout les poteries de Lannilis étaient connus jusque sur les marchés du sud-Finstère. La poterie de Lannilis a fait vivre jusqu’à 500 personnes sur une population totale d’à peine trois mille habitants.

Le docteur Augustin Morvan, qui a donné son nom au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Brest, a été aussi, en plus d’un grand médecin et chercheur, un très grand maire, conseiller général et député de Lannilis au 19ème siècle.

Les marchés et la foire de Lannilis ont été très florissants jusqu’aux années 1960. Si les marchés se tiennent toujours chaque mercredi, la seule foire qui existe maintenant est la Grande Foire aux Moules organisée par le Comité d’Animation de Lannilis qui a lieu tous les ans, le premier samedi du mois d’août et drainant une foule considérable de près de 10 000 personnes.